En souvenir de BEA .

Cette page est dédiée à Béatrice.

Pour qu’elle ne meure pas complètement et qu’il reste de son passage sur cette terre un peu de son âme.

En souvenir de BEA .  dans Beatrice 1971-bea-2-170x300

Béatrice était une personne tendre, gentille et incomprise. Oui ! Elle se droguait . Plusieurs fois elle a tenter de « décrocher »… C’est lors de sa première cure de “désintox” que nous nous sommes connues. Fille unique, d’une excellente famille, élevée par une mère beaucoup trop rigide pour ses idées humanistes, elle ne put jamais retrouver un véritable équilibre.

On était dans les années 70. Elle avait 20 ans, était en fac avec un rêve devenir ethnologue et partir en Amazonie. Championne de natation elle jouait du violon et faisait du cheval. Une vie saine, sans soucis juste une petite ligne de coke pour passer plus facilement le stress des examens … Et puis, une autre pour aller en boite, afin de s’éclater davantage … De là, histoire de voir, si l’éclate n’est pas mieux, avec un shoot on passe la ligne … Et c’est parti pour l’enfer de héroïne.

Notre histoire à été difficile, pleine de partir revenir, grandes absences et petites défonces… Un jour j’ai réalisé, ou nous allions, ce qu’elle devenait et que je ne voulais pas devenir, j’ai décroché pour avoir une vie plus conforme aux réalités . Elle non. Elle fut incapable de me suivre sans doute n’ ai pas, égoïstement, sus lui tenir la main. Elle était faible devant les difficultés de la vie et moi pas assez forte.

L’amour restait mais, nous n’étions plus sur la même longueur d’onde, ce n’était plus possible vie ensemble son tourbillon m’emmenait ailleurs. Un certain temps j ‘ai continué de la voir , plus j’allais vers le soleil plus elle s’ enfonçait dans l ‘ombre de l’ alcool et des médicaments. J ‘étais incapable de rompre avec elle et tout aussi incapable de lui donner autre chose que des moments volées à une autre.

Et puis, nous avons un jour raccroché au téléphone, sans ce dire au revoir ni adieu. Au revoir nous l’étions dit trop souvent, adieu aurait été ridicule… Nous nous étions aimé 13 ans.

C’était en décembre 1984 !

Nous ne nous sommes jamais revu mais, sans doute, jamais oubliée.

Souvent je lui disais  » quand tu pars s’il t’arrivait quelque chose ta mère, est tellement garce, qu’ elle ne me préviendrait même pas » Béatrice était une mystique elle s’ intéressait à l’occultisme et croyait à la réincarnation.

Elle me répondait « Ne t’inquiète pas Je me débrouillerait, de là-haut, pour que tu le saches» .  Je n ‘en doute pas elle s’ est « débrouillée  » … Et je l ‘ai sus

Fin octobre 2001, un message sur le répondeur d’une de mes filles, « dites à Marie-Danielle que Béatrice est morte ». C’est tout ! ni lieu ni date.

Finalement, 30 ans plus tard, sa mère s’était, bizarrement, souvenue de moi…. Comment avait elle, à plus de 80 ans, retrouver la trace d’une enfant qu’ elle n’ avait pas connue … la dernière fois que Béatrice avait vue ma fille cette dernière avait 10 ans … Bon disons que cette mégère avait une bonne mémoire…

Elle m’avait prévenue c’était bien mais, ce qu’ il l ‘était moins, ayant renié sa fille, elle lui avait refusé le caveau familiale et n’avait même pas voulu savoir où celle-ci avait été enterré.

Je savais que cette femme était revenue sur la région pour l ‘avoir croisée une fois en ville je l’ai recherché , trouvé, été la voir . Sur le moment elle ne se souvenait pas de moi, ensuite après m ‘avoir dit : « Votre histoire d ’ amour avec ma fille était une ignominie contre nature » elle fini par m’ avouer qu’elle ne savait rien, et n’ avait rien voulu savoir elle avait malgré tout gardé la numéro de la personne qui l’ avait prévenue du décès de sa fille. J’insistais lourdement pour qu ‘elle l’ appel elle le fit et me la passa ….

C ‘était la tutrice … de Béa qui, curieusement, était d’ un quartier qui s’ appelle … Chute la vie …

J’ai retrouvé Béatrice, juste un numéro, en terre commune d’un cimetière de Marseille. J ‘ai fais mettre une plaque avec son nom et sa photo .

Plusieurs fois je suis allée mettre des fleurs sur tombe.

En 2007, faute de moyen, elle a été relevée et déposée en fosse commune .

Si, j ‘ai décidé de mettre notre histoire dans ce blog avec quelques une de ses lettres, de ses pensées, qu’elle notait sur des bouts de papier et si je vous les livre, c’est uniquement pour que son esprit continu à vivre et qu’elle ne disparaisse pas complètement .

Je crois que le titre que j’ai choisi lui aurait plu. Je les ai appelé :

Pensées d’ outre-tombe tombe .

Suite…

Dans sa dernière lettre Béatrice m’ écrivait ceci :

Et puis… Même si tu as peur. Je t’aime très fort.

Garde moi ne me brise pas.

Béa.

L’ai je brisé ?

Gardé … Cela devint impossible. 16 mois plus tard, le 17 décembre 1984 des événements, qu’elle n’ apprit jamais, bouleversent ma vie. Nous eûmes une conversation téléphonique, disons orageuse, je raccrochais énervée. Et le contacte s’arrêta là.

Ma vie prit une autre couleur, avec d’autres préoccupations, m’emportant dans une autre relation. Je n’eus plus jamais de nouvelle de Béa …

En 2001 sa mort m’a fait très mal. Et j’ai écris ces deux textes.

Le 26 / 10 / 2001 – LA LETTRE

Béa

Maintenant où tu es. Il n’y a plus de douleur, ni de dégradation.

Ton corps t’a trahi, mais il va être transfiguré par la lumière.

Tu es redevenue la pureté originelle. Toi qui as tant de fois voulue mourir….

Ton esprit si torturé est enfin délivré.

Béa mon amour éternel.

Je te demande pardon de t’avoir lâchée la main.

Tu m’entraînais avec toi vers la mort…Je ne voulais pas mourir. J’ai eu peur…

Peur, de la souffrance et aussi de ta déchéance physique qui m’était insupportable.

Ta beauté, ton corps, tes merveilleux yeux verts tout changeait.

Pourtant… Même abîmée, camée, alcoolique, vieillit je te désirais encore, avec l’impression horrible de faire l’amour,d’une manière répugnante, presque nécrophile, qui me mettait mal à l’aise.

Alors… lorsque les ponts furent coupés je ne fis rien pour les reconstruire.

Et toi , pour la première une fois, tu ne m’as pas rappelé.

Souvent je pensais à toi. J’avais peur de te revoir. Alors je me leurrais ne voulant que t’ imaginer bien … heureuse, malgré mes doutes que cela sois la réalité.

Je savais que ton regard océan pouvait à tout moment m’engloutir à nouveau; qu’il aurai suffit, que tu poses sur moi tes merveilleux < papillons bleu-vert >, pour que je me sente faible.

J’avais peur de craquer, de retomber et que recommence le cercle infernal.

Vois-tu aujourd’hui je regrette…Tu es morte… Jamais tu ne liras ces lignes.

Moi, par contre, j’ai relu tes lettres – 1971 / 1984 -

Treize ans de correspondance, l’évolution d’un amour, des coupures, sans rupture. Jamais le mot fin n’a été prononcé entre nous. Tes deux dernières lettres évoquaient la mort.

La première : Ta mort .

Tu m’attendais dans un petit cimetière, et je te portai des roses blanches à la Toussaint.

La seconde : Ma mort.

Tu venais, immatérielle, et tu m’arrachais d’un train qui filait à toute vitesse. En me prenant dans tes bras tu m’emportais avec toi.

Depuis, dix sept ans ont passé.

Une séparation un peu plus longue que les précédentes et, d’un coup, je te retrouve.

J’avais voulu conjurer le danger, le chagrin, en te mettant à l’écart.

Aujourd’hui, je me dis qu’il n’y a pas de hasard, tu m’as appelé comme autrefois.

Il y a trois ou quatre jours je pensais à toi.

Soudain, dans ma tête, j’ai entendu crier… Marie-Danielle !

C’était si réel et… Il y a si longtemps… que l’on ne m’appelle plus comme ça, que j’ai sursauté.

J’ignorais alors que tu étais morte, seule, abandonnée reposant dans une terre anonyme sans une fleur, une date, même pas un nom.

Plus jamais je ne pourrais te dire comme je t’ai aimé.

Cet été, dans l’une de ces longues conversations, sous la lune.

Une amie m’a demandé :

  • Maintenant, avec le recule laquelle de tes « ex » amies, as-tu le plus aimé ?

Cela m’a prise de court. J’ai réfléchi un instant et répondu : Béatrice.

C’est bizarre les autres s’effacent. Et toi… A qui je ne voulais pas penser, qui était dans un coin de mon cœur derrière un voile que je ne voulais pas soulever, tu es revenue… Brutalement, en pleine lumière .

Un message, sur un répondeur , sec et laconique … “ Vous direz à Marie-Danielle que Béatrice est morte ” Rien de plus…. Morte !… Ma sylphide aux mains de libellule. Disparue à jamais. Je ne sais même pas quand … Ni où est ta dépouille.

Pour moi tu es dans ma tête, dans mon cœur je n’étais pas à ton enterrement.

Alors ,hier, je t’ai rendu hommage à ma façon. J’ai mis de l’encens, allumé des bougies, passé tous nos disques…. Et je te voyais danser.

Si tu es revenue ainsi dans ma vie. C’est que pendant dix huit ans j’ai contourné le destin sans lui échapper. C’était toi qui avais raison. Rien jamais ne nous désunira totalement.

Nous nous étions égarées sur le sentier de la vie…

Pourtant, d’où tu es, une fois encore, tu m’a appelé et retrouvé. Je te rejoindrais Béa. Attends-moi et viens à chaque Toussaint chercher ta rose blanche.

Et puis un jour, pas si loin peut-être, tu appelleras… Marie-Danielle !

Tu me tendras la main, je m’y accrocherai, tu m’emmèneras avec toi dans la quatrième dimension.

Au ­delà des années et au-delà de la mort. Je t’aime Béatrice, de façon différente, mais toujours et pour toujours.

Marie -Danielle .

PS : 1 novembre

Malgré le peu de renseignements que j’avais… Rien qu’une ville Marseille !

J’avais appris , qu’ enfin , tu vivais dans cet appartement dont tu n’avais tant parlé…

Celui qui devait devenir le notre … Un jour…

Comme autrefois quand , tu m’appelais et que j’allais te chercher à l’autre bout de la France, pour te ramener avec moi sous notre ciel de mer. Je t’ai retrouvé …

Là, je ne peux te ramener…Mais, Aujourd’hui 1er novembre, j’étais là.

Comme tu le désirais. Comme tu me l’avais écris . J’ai déposé, sur ta tombe, un pot de roses blanches artificiels et une vraie rose blanche ….Détail curieux…Que tu vas adorer…

C’est une inconnue, déguisée en fantôme qui, dans la rue le soir Halloween, a tendu cette rose vers moi…

On s’est retrouvées Béatrice ! On s’est retrouvées …

Et le 6 / 11 / 2001 …. J ‘ai écris pour toi ce poème :

L’INFANTE A LA ROSE .

L’infante regarda la rose et la rose sourit

L’infante cueillit la rose et la rose s’épanouit

L’infante jeta la rose et la rose périt.

Tu avais écrit ça sur mon buvard de bureau un matin de printemps.

J’étais l’infante et tu étais la rose.;. Et maintenant …

Qu’êtes-vous devenue la rose ?

Vous étiez si fragile que votre âme de cristal

N’a pas su résister à ce monde brutal

Votre vie éphémère noyée de désespoir

A fini un été au cœur d’un sommeil noir.

Vous mon Ève éternelle. Reposez-vous paisible. ?

Après tous ces tourments, qu’enfin vous soit possible,

D’aller, dans les étoiles et les mondes parallèles,

Voir si Antinéa est toujours aussi belle,

Traverser la Pampa, jusqu’en Amazonie,

Et, sur l’aile du temps visiter Illyrie.

Puis, retrouver Sissi sur le lac de Constance

Et revenir me dire : « Tout çà c’est pas Byzance ».

Puisque vous êtes Phoenix revivez, je vous prie,

Renaissez de vos cendres ma rose d’Alexandrie.

Mais la rose a souri une dernière fois.

Elle s’épanouira plus dans l’humour et la joie

Ses pétales refermés sur son corps tant meurtri

Anonyme, délaissée, elle est morte un jeudi.

Ste Rose de Lima vous seule étiez présente

Pour suivre son cercueil, sa dépouille d’indigente,

Et escorter son ombre dans le gris cimetière.

Au jour de la Toussaint, ce jour de prière

Où tout est chrysanthèmes, bouquet tendre ou grandiose

L’infante repentante vous porta une rose.

Blanche, comme vous le vouliez tendre Sémiramis.

Oh ! Si tu savais, comme j’ai mal, Béatrice.

 

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BONJOUR !

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Un café ? Virtuel s’entend … Mais que je vous offre de bon cœur, à vous, qui avez pris un peu de votre temps pour faire une petite visite à mon blog.  Je sais le café … c’est un peu ambiguë; vu qu’il fut, dans les temps obscures, considéré comme le breuvage des sorcières. D’ autre part j’ai des chats et celui que je préfère est noir…

Pour le reste, à vous de me découvrir, à travers mes écrits.

Avec juste quelques petites indications.

Ce que j’aime :

La chaleur de l’ amitié et les brûlures de l’ amour….

Les mots. Comme les nuages, ils sont légers, tendres et doux ou noirs et lourds de sens.

Les nuages : pour moi, ils représente les sculptures du ciel. Car lorsque l’on sait bien les regarder, on les vois prendre la formes de toutes choses et parfois se dessine les traits, d’un visage, sublime ou caricatural .

L’alternance du soleil et de l’ombre, qui donne du mystère aux bois et forêts.

Les chats, comme moi ils savent rêver couchés au soleil ou dans le moelleux d’un coussin gardant leur liberté bien que très attachés. C’est ce qui les rends attachants … Cocteau disait « Je préfère les chats aux chiens, parce qu’il n’y a pas de chats policiers. » J’aime cette phrase, peut être aussi parce que j’ aime inconditionnellement Cocteau …

Ce que je déteste :
L’ Injustice et les faux semblant.

Le mensonge et les faux cul.

Le froid  :  il me paralyse.

La violence :  elle me fait voir rouge …

Si vous désirez mieux me connaitre retrouver moi, pour plus de poésie, sur mon blog :

Infinito my amor.

Mais… Je ne fais pas que rêver, je suis aussi réaliste et contestataire sur mon autre blog :

Les cris d’hymalet.

Bien à vous .

Stephan Hymalet


TABLEAU

A….Béatrice

Sur l’incarnat de ta peau,

Le soleil étal de l’or.

Je regarde le tableau

Que compose nos deux corps.

 

Tendre, belle mais pudique,

Tu étires tes longues jambes.

Tes mains blanches et magnifiques

Jouent avec ton collier d’ambre.

 

Soudain, vive et malicieuse,

Tu te lèves d’un bond félin.

Comme une enfant capricieuse

Tu dis simplement : j’ai faim !

 

 

Tu enfiles, chastement,

Un peignoir clair et soyeux,

Et tu vas mordre à belles dents,

Dans un fruit tendre et juteux.

 

 

Puis au milieu du grand lit,

Nue, tu reviens te lover.

Ton regard mutin me dit

Ton désir renouvelé

 

En me faisant les yeux doux

Tu me picores de baisers,

M’enflammant comme amadou,

Je sais, je vais succomber.

7 / 1973

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